Comment Faire Avortement ?
Sommaire
- Sommaire de l'article
- Comment faire un avortement sécurisé ? - Guide médical 2026
- Qu'est-ce que l'avortement ?
- Les différentes méthodes d'avortement
- 1. Avortement médicamenteux (ou IVG médicamenteuse)
- 2. Avortement chirurgical (ou IVG instrumentale)
- Tableau comparatif : Avortement médicamenteux vs chirurgical
- Les démarches à suivre pour un avortement en France
- 1. Première consultation obligatoire
- 2. Délai de réflexion et consentement éclairé
- 3. Lieu de réalisation et prise en charge
- Suivi médical et physique après un avortement
- Législation sur l'avortement dans le monde : un paysage contrasté
- Support et accompagnement psychologique
- À retenir : Points clés sur l'avortement sécurisé
- Foire Aux Questions (FAQ) sur l'Avortement
- L'avortement est-il douloureux ?
- L'avortement rend-il stérile ?
- Peut-on avorter sans l'accord de ses parents si on est mineure ?
- Existe-t-il des méthodes "naturelles" ou "maison" pour avorter ?
- Combien de temps après un avortement peut-on avoir des rapports sexuels ?
- Que faire si je dépasse les délais légaux en France (14 semaines) ?
- Sources et références médicales
Comment faire un avortement sécurisé ? - Guide médical 2026
Informations médicales validées et mises à jour en mars 2026 sur les méthodes d’IVG, la législation, l’accompagnement psychologique et les démarches pratiques en France et ailleurs.

Qu'est-ce que l'avortement ?
L’avortement, ou Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), désigne l’arrêt volontaire ou spontané d’une grossesse. Il s'agit d'un acte médical courant, pratiqué dans des conditions de sécurité optimales lorsqu'il est encadré par la loi et réalisé par des professionnels de santé. En 2023, on estime que 73 millions d'avortements ont été pratiqués dans le monde chaque année, selon les données de l'OMS.
Il est crucial de distinguer l'avortement provoqué (IVG) de la fausse couche spontanée (interruption naturelle). L'IVG est un choix personnel qui peut être motivé par des raisons médicales (risque pour la santé de la personne enceinte ou malformation fœtale), socio-économiques ou personnelles.
"Un avortement sécurisé, pratiqué par un personnel qualifié avec une méthode adaptée à la durée de la grossesse, est l’une des interventions médicales les plus sûres qui soient. Le risque de complications graves est extrêmement faible, bien inférieur à celui d’un accouchement."
– Recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un avortement sécurisé effectué dans de bonnes conditions médicales ne présente pas de risque accru pour la fertilité future ni pour les grossesses ultérieures. Les complications surviennent majoritairement dans les contextes où l'accès à des soins sécurisés est restreint.
Les différentes méthodes d'avortement
Le choix de la méthode dépend principalement du terme de la grossesse, de l'état de santé de la personne et de ses préférences personnelles. Deux méthodes principales sont reconnues et pratiquées.
1. Avortement médicamenteux (ou IVG médicamenteuse)
Cette méthode non chirurgicale est possible jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée, SA). Elle repose sur la prise séquentielle de deux médicaments, généralement à quelques heures d'intervalle :
- Mifépristone : Pris en premier, ce médicament bloque l’hormone progestérone, essentielle au maintien de la grossesse. Il provoque le décollement de l'œuf de la paroi utérine.
- Misoprostol : Pris 24 à 48 heures plus tard, ce second médicament provoque des contractions utérines et le dilatation du col, entraînant l’expulsion de l'embryon, de manière similaire à une fausse couche précoce.
L'avortement médicamenteux se déroule majoritairement au domicile, après une consultation médicale. Les saignements et crampes peuvent durer plusieurs jours. Selon une méta-analyse publiée par The Lancet en 2023, l’avortement médicamenteux a un taux de réussite de 98 % lorsqu’il est administré avant 9 SA. Dans les rares cas d'échec, une aspiration est nécessaire.
2. Avortement chirurgical (ou IVG instrumentale)
Cette méthode est pratiquée jusqu’à la 14e semaine de grossesse (16 SA) en France. C'est une intervention rapide réalisée en établissement de santé, sous anesthésie locale ou générale. Deux techniques sont principalement utilisées :
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- Aspiration (ou méthode par aspiration) : C'est la technique la plus courante. Le médecin dilate légèrement le col de l'utérus et introduit une fine canule reliée à un système d'aspiration douce pour retirer le contenu utérin. L'intervention dure environ 5 à 10 minutes.
- Curetage (ou méthode par curetage) : Plus rare aujourd'hui, elle peut être utilisée en complément de l'aspiration pour s'assurer de l'évacuation complète de l'utérus.
Cette intervention est très brève. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), le taux de complications graves (hémorragie, infection, perforation utérine) est inférieur à 1 % lorsque l'acte est réalisé dans de bonnes conditions.
Tableau comparatif : Avortement médicamenteux vs chirurgical
| Critère | Avortement Médicamenteux | Avortement Chirurgical |
|---|---|---|
| Délai maximum | Jusqu'à 7 semaines de grossesse (9 SA) | Jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 SA) |
| Lieu | Domicile (après consultation) | Hôpital, clinique, centre de santé |
| Durée de l'acte | Processus sur 24-48h (saignements sur plusieurs jours) | Intervention de 5-15 minutes |
| Anesthésie | Aucune (douleurs gérées par antalgiques) | Locale ou générale (courte durée) |
| Taux de réussite | ~98% avant 9 SA | >99% |
| Suivi immédiat | Nécessaire pour confirmer l'expulsion complète | Complet dès la fin de l'intervention |

Les démarches à suivre pour un avortement en France
La procédure est clairement encadrée pour garantir l'information et la sécurité de la personne concernée. Voici les étapes clés.
1. Première consultation obligatoire
Cette consultation, auprès d'un médecin, d'une sage-femme ou dans un centre de planification familiale, est essentielle. Le professionnel de santé :
- Confirme la grossesse et en détermine le terme précis (via une échographie si nécessaire).
- Informe de toutes les méthodes d'IVG disponibles, leurs implications, leurs risques et les alternatives (poursuite de la grossesse, adoption).
- Remet un guide d'information officiel.
- Propose systématiquement un entretien psychosocial (obligatoire pour les mineures, facultatif mais recommandé pour les majeures).
- Prescrit les examens sanguins obligatoires (groupe sanguin, recherche d'agglutinines irrégulières).
2. Délai de réflexion et consentement éclairé
En France, un délai de réflexion de 48 heures minimum est obligatoire entre la première consultation et la signature du consentement écrit pour l'IVG. Ce délai vise à s'assurer que la décision est mûrement réfléchie.
3. Lieu de réalisation et prise en charge
L'IVG peut être réalisée dans différents établissements agréés :
- Les hôpitaux publics ou privés conventionnés.
- Les cliniques agréées.
- Certains centres de santé ou cabinets de sage-femme pour l'IVG médicamenteuse précoce.
L'IVG est entièrement prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie, sans avance de frais, quel que soit l'âge ou la situation. Cela inclut les consultations, les actes, les médicaments et les éventuels frais d'hébergement.
Suivi médical et physique après un avortement
Un suivi est crucial pour s'assurer du bon rétablissement et prévenir d'éventuelles complications.
- Consultation de contrôle : Elle est recommandée 14 à 21 jours après l'IVG (médicamenteuse ou chirurgicale). Elle permet de vérifier l'absence de complications (saignements anormaux, infection), de confirmer le succès de l'intervention et d'aborder la contraception.
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Symptômes normaux vs alarmants :
- Normaux : Saignements similaires à des règles (jusqu'à 2 semaines), crampes abdominales, sensibilité mammaire.
- Alarmants (consulter en urgence) : Fièvre > 38°C, douleurs abdominales intenses et persistantes, saignements très abondants (plus de 2 serviettes maxi/h pendant 2h consécutives), pertes vaginales malodorantes.
- Retour de couches et fertilité : Les règles reviennent généralement dans les 4 à 6 semaines suivant l'IVG. L'ovulation peut survenir avant ce retour de couches, rendant une nouvelle grossesse possible immédiatement. Il est donc primordial d'envisager une contraception efficace dès la reprise des rapports sexuels. Un professionnel de santé peut prescrire une contraception (pilule, implant, stérilet) immédiatement après l'IVG.
- Repos et récupération : Un repos physique de 24 à 48 heures est conseillé. Il est recommandé d'éviter les rapports sexuels, les bains, les piscines et les tampons pendant environ 2 à 3 semaines pour limiter les risques d'infection.
Législation sur l'avortement dans le monde : un paysage contrasté
Le statut juridique de l'interruption volontaire de grossesse varie considérablement d'un pays à l'autre, reflétant des contextes culturels, religieux et politiques profondément différents.
- France : L'IVG est légale jusqu’à 14 semaines de grossesse (16 SA). Depuis le 4 mars 2024, la France est devenue le premier pays au monde à inscrire explicitement la "liberté garantie de recourir à l'interruption volontaire de grossesse" dans sa Constitution, offrant une protection constitutionnelle inédite à ce droit.
- Canada : Aucun délai légal n'est fixé par la loi fédérale. L'accès est libre, la décision relevant de la patiente et de son médecin, bien que des restrictions pratiques existent après 24 semaines selon les provinces.
- Royaume-Uni : Légal jusqu'à 24 semaines en Grande-Bretagne (sauf exceptions médicales). La situation diffère en Irlande du Nord.
- États-Unis : La situation est extrêmement fragmentée depuis l'annulation de l'arrêt Roe v. Wade par la Cour Suprême en juin 2022. L'accès est désormais déterminé État par État, allant de l'interdiction quasi-totale dans certains à la protection légale jusqu'à 24 semaines ou plus dans d'autres.
- Pays à législation très restrictive : Dans des pays comme l'Arabie saoudite, l'Iran, le Nicaragua ou Malte, l'avortement est totalement interdit, sauf parfois pour sauver la vie de la personne enceinte. Ces restrictions entraînent souvent le recours à des avortements non sécurisés, avec des conséquences dramatiques pour la santé.
"L'inscription du droit à l'IVG dans la Constitution française en 2024 est un signal fort et historique. Cela consacre non seulement un droit sanitaire, mais aussi un droit fondamental des femmes et des personnes à disposer de leur corps, à l'abri des changements politiques."
– Analyse juridique, Conseil Constitutionnel Français
Selon le Center for Reproductive Rights, environ 40% des femmes en âge de procréer dans le monde vivent dans des pays où l'avortement est soumis à des restrictions sévères ou est totalement interdit.

Support et accompagnement psychologique
La décision d'avorter et l'expérience elle-même peuvent générer un mélange complexe d'émotions (soulagement, tristesse, culpabilité, doute). Un accompagnement est disponible et recommandé.
- L'entretien psychosocial : Proposé lors de la première consultation, il permet d'exprimer ses ressentis, ses questions et d'être orienté vers un soutien adapté si besoin. Il est obligatoire et confidentiel pour les mineures.
- Les associations d'écoute et de soutien : Des structures comme le Planning Familial, ANPAA, ou la ligne nationale IVG écoute (0 800 08 11 11) offrent une écoute anonyme et gratuite, avant, pendant et après l'IVG.
- Suivi psychologique post-IVG : Si des sentiments de détresse persistent, consulter un psychologue ou un psychiatre est important. Des syndromes de stress post-traumatique sont rares mais possibles, surtout dans des contextes de stigmatisation ou de difficulté d'accès.
- Parler à des proches de confiance peut également être une source de réconfort essentielle.
À retenir : Points clés sur l'avortement sécurisé
- L'IVG est un acte médical sûr (taux de complications <1%) lorsqu'il est pratiqué dans un cadre légal et médicalisé.
- Deux méthodes principales existent : médicamenteuse (≤7 semaines) et chirurgicale (≤14 semaines en France).
- La procédure en France est encadrée : consultation obligatoire, délai de réflexion de 48h, prise en charge à 100%.
- Un suivi médical est indispensable 2 à 3 semaines après pour vérifier l'absence de complications et discuter contraception.
- Le soutien psychologique est disponible et important (entretien psychosocial, lignes d'écoute).
- Les lois varient énormément dans le monde : de la protection constitutionnelle (France) à l'interdiction totale.
Foire Aux Questions (FAQ) sur l'Avortement
L'avortement est-il douloureux ?
Les sensations varient. L'IVG médicamenteuse provoque des crampes utérines et des saignements, similaires à des règles abondantes, qui peuvent être soulagés par des antalgiques prescrits. L'IVG chirurgicale sous anesthésie locale peut causer une sensation de crampes pendant l'aspiration ; sous anesthésie générale, aucune douleur n'est ressentie pendant l'acte. Des douleurs légères peuvent persister après l'intervention.
L'avortement rend-il stérile ?
Non. Un avortement pratiqué dans de bonnes conditions médicales (asepsie, matériel adapté) n'altère pas la fertilité future. Les complications infectieuses graves (endométrite, salpingite), qui sont devenues très rares grâce aux protocoles modernes, pourraient seules potentiellement affecter la fertilité. L'OMS confirme qu'un avortement sécurisé ne compromet pas les chances d'avoir des enfants plus tard.
Peut-on avorter sans l'accord de ses parents si on est mineure ?
Oui, en France. Une mineure peut demander une IVG sans autorisation parentale. Cependant, l'entretien psychosocial avec un conseiller familial ou une assistante sociale est obligatoire. Les professionnels de santé l'inciteront à se confier à un adulte de confiance (parents ou autre), mais elle pourra maintenir sa demande de confidentialité. La mineure est considérée comme capable de consentir seule à cet acte.
Existe-t-il des méthodes "naturelles" ou "maison" pour avorter ?
Attention, ces méthodes sont dangereuses et inefficaces. Les décoctions de plantes (rue, persil, etc.), les potions, les exercices violents ou l'ingestion de substances toxiques présentent des risques graves d'empoisonnement, d'hémorragie, d'infection, de brûlures internes et peuvent mettre la vie en danger. Elles ne garantissent en aucun cas l'interruption complète de la grossesse. Seules les méthodes médicales supervisées par un professionnel sont sûres.
Combien de temps après un avortement peut-on avoir des rapports sexuels ?
Il est généralement recommandé d'attendre 2 à 3 semaines après l'IVG avant de reprendre une activité sexuelle avec pénétration. Ce délai permet à l'orifice du col de l'utérus de se refermer et réduit le risque d'infection. Cependant, l'intimité sans pénétration peut être reprise plus tôt selon le ressenti de chacun. La contraception doit être mise en place immédiatement car une ovulation (et donc une nouvelle grossesse) peut survenir avant le retour des règles.
Que faire si je dépasse les délais légaux en France (14 semaines) ?
Si vous dépassez le délai de 14 semaines de grossesse, l'IVG n'est plus légale sur le territoire français pour raison de convenance personnelle. Cependant, deux voies existent :
- IVG pour motif thérapeutique : Si deux médecins attestent que la poursuite de la grossesse met en danger grave votre santé ou qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection grave et incurable. Ceci est possible sans limite de délai.
- Se rendre à l'étranger : Certains pays européens (comme les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l'Espagne) ont des délais plus longs (jusqu'à 22-24 semaines). Les démarches et les coûts sont à votre charge. Il est urgent de contacter des associations comme le Planning Familial pour vous accompagner dans ces démarches complexes.
Sources et références médicales
- OMS – Santé sexuelle et reproductive
- Ameli.fr – Portail d'information sur l'IVG
- HAS – Recommandations sur l'IVG
- INSERM – Dossier scientifique sur l'IVG
- Le Planning Familial – Informations et soutien
- Service-Public.fr – Droits et démarches IVG
- Ganatra, B. et al. (2023). Global, regional, and subregional classification of abortions by safety, 2020. The Lancet Global Health.
Article rédigé et mis à jour avec soin le 25/03/2026. Les informations fournies ont un but informatif et ne remplacent en aucun cas une consultation médicale. En cas de doute, consultez toujours un professionnel de santé.
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