Comment Faisaient Les Femmes Avant Pour Ne Pas Tomber Enceinte ?
Sommaire
- Comment faisaient les femmes avant pour ne pas tomber enceinte ?
- Les méthodes contraceptives dans l'Antiquité
- Le silphium : une plante disparue
- L'ase fétide comme alternative
- Les méthodes de barrière
- Les conseils de médecins antiques
- Les pratiques contraceptives au Moyen Âge
- Les potions et remèdes à base de plantes
- Les amulettes et croyances mystiques
- Les manuscrits médicaux
- Les méthodes naturelles et traditionnelles
- Le retrait
- L’allaitement prolongé
- Le calcul du cycle menstruel
- Les tentatives d’avortement à travers l’histoire
- Les avortements à base de plantes
- Les méthodes mécaniques
- Conclusion
- À propos de l'auteur
Comment faisaient les femmes avant pour ne pas tomber enceinte ?
Depuis l'Antiquité, les femmes ont cherché à contrôler leur fécondité à l’aide de méthodes naturelles, médicinales et parfois risquées. Cet article explore les pratiques contraceptives utilisées au fil des siècles.
Les méthodes contraceptives dans l'Antiquité
Dans l'Antiquité, la contraception était une préoccupation majeure pour de nombreuses civilisations. Des plantes médicinales aux méthodes mécaniques, chaque culture développait ses propres techniques.
Le silphium : une plante disparue
Les femmes de la Grèce et de la Rome antiques utilisaient le silphium, une plante aux prétendues propriétés contraceptives. Pline l'Ancien en parlait comme d'un remède précieux, mais sa surexploitation a conduit à son extinction.
L'ase fétide comme alternative
Face à la disparition du silphium, l'ase fétide a été utilisée comme substitut. Toutefois, son efficacité était incertaine et une forte dose pouvait être toxique. Les médecins romains recommandaient son usage sous forme de décoctions.
Les méthodes de barrière
Des éponges imbibées de substances acides, du miel, du vinaigre ou encore des morceaux de tissu étaient insérés dans le vagin pour empêcher les spermatozoïdes d'atteindre l'utérus. Ces méthodes, bien que rudimentaires, avaient une certaine efficacité.
Les conseils de médecins antiques
Hippocrate recommandait un mélange d’eau de mer et de cuivre, tandis que Soranos d’Éphèse conseillait aux femmes de retenir leur souffle et de sauter après un rapport pour expulser le sperme. Ces conseils étaient basés sur des croyances médicales de l’époque.
Les pratiques contraceptives au Moyen Âge
Au Moyen Âge, la contraception était souvent clandestine en raison des interdits religieux. Cependant, certaines pratiques persistaient.

Les potions et remèdes à base de plantes
Des plantes comme la rue officinale, le persil et la myrrhe étaient utilisées pour leurs propriétés abortives. Ces plantes provoquaient des contractions utérines et étaient souvent administrées sous forme de tisanes.
Les amulettes et croyances mystiques
Certains croyaient que porter des talismans ou réciter des prières spécifiques pouvait empêcher une grossesse. Ces pratiques, bien que non scientifiques, étaient répandues parmi les populations les plus superstitieuses.
Les manuscrits médicaux
Des écrits médiévaux révèlent que des sages-femmes prescrivaient des mélanges d’herbes et de résines comme forme de contraception. Ces documents montrent que la connaissance des effets des plantes était bien avancée.
Les méthodes naturelles et traditionnelles
Avant l’apparition de la contraception moderne, certaines pratiques étaient adoptées pour éviter une grossesse.
Le retrait
Cette méthode consistait à retirer le pénis du vagin avant l’éjaculation. Cependant, elle restait peu fiable en raison de la présence de spermatozoïdes dans le liquide pré-éjaculatoire.
L’allaitement prolongé
Les femmes qui allaitaient longtemps voyaient leur cycle menstruel interrompu, réduisant ainsi les risques de conception. Cette méthode, connue sous le nom d’aménorrhée lactationnelle, repose sur des bases biologiques solides.
Le calcul du cycle menstruel
Les femmes observaient leurs cycles, la température basale et la glaire cervicale pour identifier les périodes fertiles et éviter les rapports sexuels à ces moments-là. Bien que peu précis à l’époque, ces principes sont aujourd’hui intégrés dans la méthode symptothermique.

Les tentatives d’avortement à travers l’histoire
Lorsque les méthodes contraceptives échouaient, certaines femmes recouraient à des pratiques abortives.
Les avortements à base de plantes
Des plantes comme l’absinthe, le poivre de Cayenne ou la sauge étaient consommées en grande quantité pour provoquer des contractions utérines. Ces pratiques étaient documentées dans des ouvrages médicaux anciens.
Les méthodes mécaniques
Des objets tranchants, des aiguilles à tricoter ou des pressions abdominales étaient parfois utilisés, mettant en danger la vie des femmes. Ces méthodes rudimentaires étaient extrêmement risquées et souvent mortelles.
Conclusion
Les femmes ont toujours cherché des moyens de contrôler leur fécondité, souvent au péril de leur santé. L’évolution de la contraception montre à quel point ces pratiques étaient essentielles à travers les âges.
Aujourd’hui, grâce aux avancées scientifiques, nous disposons de méthodes sûres et efficaces. Cependant, il est important de reconnaître le rôle que ces pratiques historiques ont joué dans l’évolution de la contraception moderne.
À propos de l'auteur
Dr. Émilie Rousseau est docteure en histoire médiévale (Sorbonne Université), spécialisée dans l’étude des pratiques médicales féminines. Elle est l’auteure de Le Corps Secret : Contraception et Pouvoir Féminin au Moyen Âge (Éditions Historiques, 2023).
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