Pourquoi Une Fausse Couche ?
Sommaire
- Pourquoi Une Fausse Couche ? Causes, Symptômes et Prévention
- Introduction
- Causes liées à l'embryon
- Causes liées à la santé de la mère
- Facteurs externes influençant une fausse couche
- Facteurs de risque
- Symptômes d'une fausse couche
- Prévention et conseils
Pourquoi Une Fausse Couche ? Causes, Symptômes et Prévention
Par Dr. Isabelle Morel, Gynécologue-Obstétricienne
Introduction
La fausse couche, ou avortement spontané, est une interruption naturelle de la grossesse avant la 22ᵉ semaine. Elle concerne environ 15 à 20 % des grossesses confirmées, et ce chiffre peut atteindre 40 % chez les femmes de plus de 40 ans [1]. Comprendre les causes permet d’adopter des mesures préventives adaptées.
Bien que certaines fausses couches soient inévitables, des facteurs médicaux et environnementaux peuvent influencer leur survenue. Dans cet article, nous détaillons les principales raisons pouvant entraîner une fausse couche, en nous basant sur des données scientifiques récentes.
Causes liées à l'embryon
Dans environ 60 à 70 % des cas, les fausses couches précoces sont dues à des anomalies chromosomiques empêchant le bon développement de l’embryon [2] :
Les anomalies génétiques, telles que la trisomie 16 (cause fréquente de fausse couche), la monosomie X (syndrome de Turner) et d’autres erreurs de duplication des chromosomes, empêchent l’embryon de se développer normalement.
Un phénomène appelé œuf clair peut également survenir : dans ce cas, l’ovule fécondé s’implante dans l’utérus mais ne développe pas d’embryon viable, entraînant une fausse couche précoce.

Causes liées à la santé de la mère
La santé maternelle joue un rôle clé dans l’évolution de la grossesse. Certaines maladies et troubles hormonaux augmentent le risque de fausse couche [3] :
Maladies chroniques : Le diabète mal contrôlé, les maladies auto-immunes (lupus, syndrome des antiphospholipides) et les troubles thyroïdiens (hypothyroïdie, hyperthyroïdie) affectent la viabilité de la grossesse.
Problèmes hormonaux : Une insuffisance en progestérone peut empêcher l’utérus de maintenir la grossesse. Chez certaines femmes, un traitement hormonal substitutif peut être proposé pour réduire ce risque.
Malformations utérines : Un utérus de forme anormale (utérus cloisonné, fibromes volumineux) peut compromettre la nidation et le développement embryonnaire.
Anomalies de la coagulation : Les thrombophilies, comme le facteur V Leiden, augmentent le risque de fausse couche en provoquant des caillots qui perturbent l’irrigation du placenta.
Facteurs externes influençant une fausse couche
Certains éléments externes augmentent le risque d’avortement spontané :
Consommation de substances : Le tabac, l’alcool et certaines drogues (cocaïne, héroïne) sont des facteurs de risque bien documentés. Par exemple, fumer pendant la grossesse double le risque de fausse couche [4].
Exposition aux toxines : Certains pesticides, solvants et produits chimiques industriels peuvent nuire au développement fœtal. Il est conseillé aux femmes enceintes d’éviter ces expositions.
Infections : La toxoplasmose, la listériose et certaines infections virales comme la rubéole peuvent affecter la grossesse si elles surviennent au premier trimestre.

Facteurs de risque
Certains profils présentent un risque accru de fausse couche :
Âge maternel : Le risque passe de 9 % à 20 ans à 40 % à 40 ans et peut atteindre 80 % après 45 ans [5].
Antécédents de fausses couches : Les femmes ayant déjà subi deux fausses couches consécutives ont un risque accru de récidive.
Surpoids ou insuffisance pondérale : Un IMC trop élevé ou trop bas peut perturber l’équilibre hormonal et compliquer le maintien de la grossesse.
Symptômes d'une fausse couche
Les signes les plus courants incluent :
Saignements vaginaux : Ils peuvent aller de légères pertes brunes à des saignements abondants.
Douleurs abdominales : Des crampes similaires à celles des règles ou plus intenses peuvent survenir.
Disparition des symptômes de grossesse : Une diminution soudaine des nausées ou de la tension mammaire peut être un signal d’alerte.
Prévention et conseils
Bien qu’il ne soit pas toujours possible d’éviter une fausse couche, certaines précautions peuvent réduire les risques :
Suivi médical : Un bilan préconceptionnel permet d’identifier d’éventuels facteurs de risque.
Alimentation et hygiène de vie : Adopter une alimentation équilibrée, éviter le tabac et l’alcool et maintenir un poids stable sont essentiels.
Supplémentation : La prise d’acide folique (400 µg/j) réduit de 70 % le risque de malformations du tube neural [6].
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