Comment Avoir Le Papillomavirus ?
Sommaire
- Sommaire
- Qu'est-ce que le papillomavirus humain (HPV) ?
- Comment se transmet le papillomavirus ?
- À retenir sur la transmission
- Quels sont les symptômes du papillomavirus ?
- 1. Symptômes liés aux HPV à bas risque (types 6 et 11 principalement)
- 2. Symptômes liés aux HPV à haut risque (types 16, 18, etc.)
- Comment prévenir le papillomavirus ?
- 1. La Vaccination : Le Pilier de la Prévention Primaire
- 2. La Protection lors des Rapports Sexuels
- 3. Le Dépistage Régulier (pour les femmes)
- 4. Renforcer son Système Immunitaire
- Quel traitement en cas d'infection par le papillomavirus ?
- 1. Traitement des Verrues Génitales (Condylomes)
- 2. Prise en charge des Lésions Précancéreuses du Col de l'Utérus
- 3. Prise en charge des Cancers Établis
- FAQ : Vos questions sur le papillomavirus
- 1. Peut-on avoir le papillomavirus sans avoir eu de rapport sexuel ?
- 2. Le papillomavirus est-il une IST à vie ?
- 3. Je suis vacciné(e), dois-je quand même faire des frottis ?
- 4. Les hommes doivent-ils se faire dépister pour le HPV ?
- 5. Comment bien nettoyer un sextoy pour éviter la transmission du HPV ?
- 6. J'ai plus de 30 ans et je ne suis pas vacciné(e), est-ce trop tard ?
- Sources et références
Comment Avoir Le Papillomavirus ? Transmission, Risques et Prévention
Article rédigé sous la supervision du Dr. Sophie Martin, virologue diplômée de l'Université de Paris, membre de la Société Française de Médecine Générale. Dernière mise à jour : 25/03/2026. Sources : OMS, Santé Publique France.
Qu'est-ce que le papillomavirus humain (HPV) ?
Le papillomavirus humain (HPV ou VPH) est une infection virale extrêmement répandue qui touche aussi bien les hommes que les femmes. Il s'agit d'un virus à ADN de la famille des Papillomaviridae. On en connaît plus de 200 génotypes (types) différents, classés en deux grandes catégories selon leur potentiel cancérigène :
- HPV à bas risque (non oncogènes) : Principalement les types 6 et 11, responsables d'environ 90% des verrues génitales (condylomes).
- HPV à haut risque (oncogènes) : Notamment les types 16, 18, 31, 33, 35, 45, 52 et 58. Ces virus sont impliqués dans le développement de lésions précancéreuses et de cancers.
Les PVH se transmettent par simple contact et peuvent infecter la peau et les muqueuses. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, près de 80% des adultes sexuellement actifs contracteront au moins une fois une infection à HPV au cours de leur vie. La grande majorité de ces infections (environ 90%) sont éliminées naturellement par le système immunitaire en 1 à 2 ans sans laisser de séquelles.
"Le papillomavirus est un virus très commun, souvent bénin, mais dont certaines souches persistantes peuvent avoir des conséquences graves. La prévention par la vaccination et le dépistage reste notre arme la plus efficace."
— Dr. Sophie Martin, Virologue.
Il est important de noter que les PVH sont responsables d'un nouveau cas de cancer sur 20 chez les femmes, avec le cancer du col de l'utérus comme manifestation la plus fréquente (83% des cancers dus au PVH). Cette découverte a valu le Prix Nobel de médecine au Pr. Harald zur Hausen en 2008.
Comment se transmet le papillomavirus ?
Le HPV se transmet principalement par contact direct avec une peau ou des muqueuses infectées. Contrairement à d'autres IST, la transmission ne nécessite pas d'échange de fluides corporels (sperme, sang). Voici les principales voies de transmission, détaillées :
- Rapports sexuels (voie principale) : Transmission par voie vaginale, anale ou orale. La pénétration n'est pas obligatoire ; un simple contact intime suffit. Les rapports non protégés augmentent considérablement le risque, mais aucune pratique n'est à risque zéro.
- Contact peau à peau des zones génitales : Un frottement avec une zone infectée (même en l'absence de rapport sexuel complet) peut suffire pour contracter le virus. C'est pourquoi les préservatifs, bien qu'indispensables, ne protègent pas à 100% car ils ne couvrent pas toute la zone potentiellement infectée.
- Partage d'objets intimes : Bien que rare, la transmission via le partage de sextoys non désinfectés ou non protégés par un préservatif est possible. Il est crucial de nettoyer soigneusement vos accessoires après chaque usage et d'utiliser un préservatif neuf si le jouet est partagé.
- Transmission mère-enfant (transmission verticale) : Une femme enceinte porteuse du HPV peut, dans de rares cas, le transmettre à son bébé lors de l’accouchement par voie basse, pouvant entraîner une papillomatose respiratoire récurrente chez l'enfant.
- Auto-inoculation : Exceptionnellement, le virus peut être transféré d'une partie du corps à une autre (par exemple, d'une verrue des mains vers la zone génitale).
À retenir sur la transmission
Le papillomavirus est l'une des IST les plus contagieuses en raison de son mode de transmission par simple contact. L'utilisation systématique du préservatif réduit le risque mais ne l'élimine pas totalement. La vaccination et le dépistage sont donc des piliers complémentaires essentiels.
Quels sont les symptômes du papillomavirus ?
Dans la majorité des cas (environ 90%), l'infection par le HPV est asymptomatique et disparaît spontanément sans que la personne ne sache qu'elle a été infectée. C'est ce qui la rend si insidieuse et facile à transmettre. Lorsque des symptômes apparaissent, ils dépendent du type de virus contracté.
1. Symptômes liés aux HPV à bas risque (types 6 et 11 principalement)
Les manifestations les plus visibles sont les verrues génitales ou condylomes acuminés, déjà décrits dans l'Antiquité. Elles se présentent comme :
- De petites excroissances indolores, de couleur chair, rose ou brune.
- Une texture qui peut être lisse, en relief ou en forme de "chou-fleur".
- Une localisation sur la vulve, le vagin, le col de l'utérus, l'anus, le pénis, le scrotum ou l'aine.
Ces verrues peuvent apparaître des semaines, voire des mois après le contact avec le virus.
2. Symptômes liés aux HPV à haut risque (types 16, 18, etc.)
Ces virus ne causent généralement pas de verrues visibles. Leur danger réside dans leur action silencieuse :
- Lésions précancéreuses : Elles sont détectables uniquement par un examen médical (frottis cervico-utérin, anuscopie, biopsie). Au niveau du col, on parle de dysplasie (CIN).
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Cancers liés au HPV : Lorsqu'une infection à HPV à haut risque persiste (souvent pendant 10 à 15 ans), elle peut évoluer en cancer. Selon les données, lorsque le virus est toujours présent deux ans après l'infection, l'évolution vers un cancer du col de l'utérus survient dans environ 5% des cas.
Principaux cancers associés aux HPV à haut risque Localisation du cancer Population la plus touchée Remarques Col de l'utérus Femmes Le plus fréquent (près de 100% des cas sont liés au HPV) Anus Hommes et femmes Risque accru chez les personnes immunodéprimées Oropharynx (gorge, amygdales) Hommes et femmes En augmentation, lié aux pratiques sexuelles orales Vulve, Vagin Femmes Moins fréquents Pénis Hommes Relativement rare
Un dépistage régulier par frottis est essentiel pour détecter et traiter les lésions précancéreuses avant qu'elles n'évoluent. Il est recommandé tous les 3 ans pour les femmes entre 25 et 65 ans.
Comment prévenir le papillomavirus ?
Une stratégie de prévention combinée est la plus efficace pour lutter contre le HPV et ses conséquences.
1. La Vaccination : Le Pilier de la Prévention Primaire
Le vaccin est le moyen le plus efficace pour prévenir les infections par les HPV les plus dangereux. En France, le vaccin utilisé est le Gardasil 9, qui protège contre 9 types de HPV (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58).
- Recommandations : Recommandé dès 9 ans pour les filles et les garçons, idéalement avant le début de la vie sexuelle (meilleure réponse immunitaire). Le schéma vaccinal est de deux doses entre 9 et 14 ans, trois doses après 15 ans.
- Efficacité : La vaccination permet de prévenir près de 90% des cancers du col de l'utérus, ainsi qu'une grande majorité des autres cancers liés au HPV et des verrues génitales.
- Rattrapage : Elle est possible pour les femmes jusqu'à 26 ans et les hommes jusqu'à 26 ans ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé.
2. La Protection lors des Rapports Sexuels
- Préservatifs (externes et internes) : Ils réduisent considérablement le risque de transmission mais ne protègent pas à 100% car le virus peut être présent sur des zones non couvertes. Leur utilisation reste indispensable pour se protéger contre de nombreuses autres IST.
- Hygiène des sextoys : Pour une pratique sans risque, ne partagez pas vos sextoys. Si vous le faites, désinfectez-les soigneusement avec un produit adapté (savon doux, gel hydroalcoolique spécifique) et recouvrez-les systématiquement d'un préservatif neuf changé entre chaque partenaire.
3. Le Dépistage Régulier (pour les femmes)
La vaccination ne protège pas contre tous les types de HPV. Le dépistage reste donc crucial :
- Frottis cervico-utérin : Recommandé tous les 3 ans pour les femmes de 25 à 65 ans, même vaccinées. Il permet de détecter des lésions précancéreuses et de les traiter avant qu'elles n'évoluent.
- Test HPV : De plus en plus utilisé, il recherche directement la présence des virus à haut risque. Il peut être proposé en première intention à partir de 30 ans.
4. Renforcer son Système Immunitaire
Un système immunitaire fort aide à éliminer naturellement le virus. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, un sommeil de qualité et la gestion du stress sont des atouts.
Quel traitement en cas d'infection par le papillomavirus ?
Il est capital de comprendre qu'il n'existe pas de traitement antiviral spécifique pour éliminer le virus de l'organisme. Les traitements visent à éliminer les manifestations de l'infection (verrues, lésions) et à prévenir le développement du cancer.
1. Traitement des Verrues Génitales (Condylomes)
Plusieurs options existent, le choix dépendant du nombre, de la taille et de la localisation des lésions.
- Traitements locaux (crèmes, gels) : Appliqués par le patient ou le médecin (ex. : Imiquimod, Podophyllotoxine).
- Cryothérapie : Destruction des verrues par le froid (azote liquide).
- Électrocoagulation ou Laser : Destruction des lésions par la chaleur.
- Excision chirurgicale : Pour les lésions étendues ou résistantes.
Les verrues peuvent récidiver, car le virus peut persister dans les cellules avoisinantes.
2. Prise en charge des Lésions Précancéreuses du Col de l'Utérus
Lorsqu'un frottis ou un test HPV est anormal, une colposcopie (examen grossissant du col) est réalisée. Si des lésions précancéreuses sont confirmées par biopsie, leur traitement est très efficace pour prévenir le cancer :
- Conisation : Ablation d'une partie du col en forme de cône. L'échantillon est analysé et le geste est souvent curatif.
- Excision par anse diathermique (LEEP/LLETZ) : Retrait des lésions à l'aide d'une fine anse électrique.
- Cryothérapie ou Laser : Pour certaines lésions peu étendues.
"Le traitement des lésions précancéreuses du col est un succès majeur de la médecine préventive. Il permet d'éviter l'évolution vers un cancer invasif dans la grande majorité des cas. C'est pourquoi le dépistage est non négociable."
— Dr. Sophie Martin, Virologue.
3. Prise en charge des Cancers Établis
Si un cancer lié au HPV se développe (col, gorge, anus...), la prise en charge dépend du stade et de la localisation : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, immunothérapie. Le pronostic est généralement bon s'il est détecté tôt, d'où l'importance du dépistage.
FAQ : Vos questions sur le papillomavirus
1. Peut-on avoir le papillomavirus sans avoir eu de rapport sexuel ?
Oui, c'est possible mais beaucoup plus rare. La transmission peut survenir par contact intime peau à peau sans pénétration, ou exceptionnellement par auto-inoculation (transfert d'une verrue des mains) ou lors de l'accouchement. La voie sexuelle reste de très loin la plus courante.
2. Le papillomavirus est-il une IST à vie ?
Non, pas nécessairement. Dans environ 90% des cas, le système immunitaire élimine le virus naturellement en 1 à 2 ans. On parle d'infection "transitoire". Le problème survient lorsque l'infection par un HPV à haut risque "persiste" pendant de nombreuses années.
3. Je suis vacciné(e), dois-je quand même faire des frottis ?
Absolument. Le vaccin protège contre les principaux HPV responsables de cancers, mais pas contre tous les types existants. Le dépistage par frottis (ou test HPV) reste donc indispensable pour toutes les femmes, selon le calendrier recommandé.
4. Les hommes doivent-ils se faire dépister pour le HPV ?
Il n'existe pas de test de dépistage systématique recommandé pour les hommes en population générale. Cependant, un homme présentant des symptômes (verrues, lésions) doit consulter. Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) peuvent discuter avec leur médecin de la possibilité d'un dépistage anal, notamment s'ils sont immunodéprimés.
5. Comment bien nettoyer un sextoy pour éviter la transmission du HPV ?
Pour une hygiène optimale : 1) Lavez-le à l'eau tiède et au savon doux après chaque utilisation. 2) Désinfectez-le régulièrement avec un produit adapté (vérifiez la compatibilité des matériaux). 3) La règle d'or pour le partage : utilisez un nouveau préservatif sur le sextoy pour chaque partenaire. Cela vaut aussi pour le passage d'une zone anale à une zone vaginale.
6. J'ai plus de 30 ans et je ne suis pas vacciné(e), est-ce trop tard ?
Non, ce n'est pas forcément trop tard. Parlez-en à votre médecin. La vaccination peut présenter un intérêt en "rattrapage" jusqu'à 26 ans (et au-delà dans certains cas, selon votre situation). Même si vous avez pu être exposé(e) à certains types de HPV, le vaccin peut vous protéger contre les autres types qu'il couvre et que vous n'auriez pas encore rencontrés.
Sources et références
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